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Côte d’Ivoire : Les producteurs de cacao et de café de Côte d’Ivoire plaident contre la nouvelle loi européenne sur la déforestation

À l’approche de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi européenne sur la déforestation en janvier 2025, l’Association Nationale des Producteurs de Café et de Cacao de Côte d’Ivoire (ANAPROCI), par la voix de son président Kanga Koffi, exprime ses profondes inquiétudes. Cette législation, bien qu’alignée sur des objectifs environnementaux louables, pourrait entraîner des conséquences socio-économiques désastreuses pour les communautés agricoles ivoiriennes.

Le 4 juin 2024, Kanga Koffi, Président du Conseil d’Administration de l’ANAPROCI, a adressé une lettre au Commissaire Européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, pour attirer son attention sur les risques associés à la nouvelle législation européenne sur la déforestation. Cette loi, qui entrera en vigueur en janvier 2025, impose des règles strictes sur l’importation de produits tropicaux afin de lutter contre la déforestation.

« Nous partageons la vision de l’Union Européenne sur la nécessité de protéger l’environnement et de garantir la durabilité des secteurs agricoles », affirme Kanga Koffi. Toutefois, il souligne que la mise en œuvre précipitée de cette réglementation pourrait provoquer une catastrophe humanitaire à grande échelle, affectant gravement les communautés agricoles ivoiriennes.

Les préoccupations soulevées par l’ANAPROCI incluent un manque de sensibilisation et de compréhension des nouvelles dispositions légales par les parties prenantes, une charge administrative significative, la complexité des systèmes de collecte de données technologiques et des coûts élevés de mise en conformité. De plus, une grande partie de la production nationale de cacao ne répondrait pas aux nouvelles exigences, et l’incertitude sur la classification des pays en catégories de risque ajoute à la confusion.

« Nous pensons qu’une approche basée sur la sensibilisation et le soutien des parties prenantes aux initiatives de protection environnementale serait plus pertinente et productive à long terme », propose Kanga Koffi. Il appelle également à une collaboration renforcée entre l’Union Européenne et les communautés de producteurs pour préserver et améliorer leur relation commerciale, sachant que 70 % du cacao ivoirien est destiné au marché européen.